De ce que j’ai comprise de la crise Malienne

 

J’ai suivi jusqu’ici avec grand intérêt le débat sur la situation actuelle du Mali. Je suis dans une position géographique telle que je n’arrive pas à être en contact direct avec la réalité malienne. mais étrange rencontre m’a permis d’avoir quelques éléments d’appréciation et d’analyse de la situation malienne. Toutes les fois que j’ai été approché pour me prononcer sur la crise socio-politique au Mali, j’ai toujours été réticent en disant que je n’ai pas encore assez d’éléments d’analyse pour prendre position. Aujourd’hui, je me retrouve dans une situation de clarification politique. Ce qui me permet de dire que le coup d’État de la junte n’est pas impopulaire comme certains médias ont tenté de nous faire croire. La junte a toujours été présentée comme une « bande » de jeunes militaires isolés.

 

Pour ma part, à priori je n’ai rien contre les coups d’États. Il y a coup d’État et coup d’État. Le plus important ici, c’est de savoir à qui profite un coup d’État? En 1991, le coup d’État d’ATT contre Moussa Traoré a profité au peuple malien. Au Niger récemment le coup d’État a profité au peuple du Niger contre les dérives du « tanjaisme ». Au Burkina Faso, le coup d’État du 15 octobre a plus servi les intérêts d’un groupe, d’un clan que ceux du peuple dans sa grande majorité. Dans un processus dialectique le coup d’État peut-être un dépassement d’une situation devenu insupportable.

 

Que les coups d’État permettent d’opérer un bon qualitatif comme au Mali et au Niger.

Le Mali a toujours été présenté comme un exemple de démocratie. Mais je me rend compte que ce coup d’État n’est que la conséquence dramatique d’une carence démocratique. Derrière cette sublimation juridique qu’est l’État de droit au Mali, se cache un collège de politiciens affairistes qui ont conduit le pays dans la corruption, les détournements de fond, la braderie du patrimoine foncier, les magouilles financières et tout ça maquillé dans une sorte de « démocratie consensuelle », un concept cher à Hermanne Yaméogo de l’UNDD/Burkina Faso.

 

La tenue régulière des élections et l’alternance tant louées pour la démocratie malienne, n’ont été que des procédés de légitimation d’une bande d’affairistes qui ont fait de l’État une source principale d’accumulation de richesses. Les élections permettent une circulation des élites politiques qui occupent les postes stratégiques de la politique et de l’économie nationale pour mieux se servir et non servir le peuple. C’est pourquoi un peu partout on assiste à une résurgence des coups d’États notamment dans les États francophones en Afrique. c’est dire que la démocratie libérale n’a pas pu tenir ses promesses jusqu’ici.

 

La réaction musclée de la CEDEAO contre la junte au pouvoir me donne à réfléchir. Le problème du peuple malien aujourd’hui ce n’est pas le coup d’État? Mais c’est plutôt l’atteinte grave à l’autorité de l’État et à l’intégrité du territoire. Il aurait fallu que la CEDEAO, réagisse avec la même vigueur et rigueur lorsque les bandes criminels liquidaient les maliens au Nord du pays. On n’a pas vu la CEDEAO, ni même la communauté internationale s’indigne de prendre des sanctions contre ces rebelles. Je comprends que les chefs d’États redoutent de subir le même sort qu’ATT compte tenu du fait qu’eux-même sont les garants d’un système démocratique carrent où les coups d’États sont en instance. Ce ne sont pas les intérêts du peuple malien qui les intéressent, ils sont plus préoccupés par leur propre protection contre les coups d’États. de sorte que la CEDEAO aux yeux de nombre d’observateurs et au regard de la pratique des chefs d’État se présente comme un simple syndicat de défense des intérêts des chefs d’États.

 

Je comprends la réaction de Diallo quand il se demande où étaient ces intellectuels signataires de la lettre au moment où ATT filait du mauvais coton au peuple malien. Parmi ces signataires je connais bien certains qui ne manquent pas d’occasion pour dénoncer les travers de la démocratie et du néolibéralisme au Mali. Maintenant qu’elle est leur force sociale? Ont-ils une base sociale assez solide et large pour engager des actions protestataires? Je ne pense pas. Mais le fait même de dénoncer et de prendre clairement position est audacieux et encourageant. Diallo, regarde ici au Burkina Faso, il y a des organisations de la société civile qui disent même être engagées dans une lutte des classes et face au débat national sur l’article 37 sont incapables de prendre une position claire et la défendre jusqu’au bout. C’est à la limite honteux lorsqu’on se réclame du marxisme-léninisme  engagé dans une lutte des classes.

 

Le débat est intéressant. Je remercie tous ceux qui font des efforts pour nous éclairer sur la situation assez complexe du Mali.

Ollo

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