Capitaine Sanogo n’est pas Capitaine Thomas Sankara,

« Comme dit l’autre, il y a capitaine et capitaine »

Dès l’annonce de son grade à la télévision, malgré sa voie rouée comme si la tartine de tôt avait pris le Sénoufo à la Gorge, à l’opposé de celle limpide et lucide du Capitaine Sankara, je me suis dit qu’on a enfin notre Sankara, le Sankara bis de l’Afrique. Mais j’ai été vite déchanté et pour cause……. !

Ce capitaine sac à dos n’est pas le capitaine académicien Thomas Sankara qui a un cursus normal (bachelier), diplômé de l’Académie de guerre et qui s’est ressourcé du Marxisme qui est à la fois une doctrine socio- économique et politique, un mode de pensée et d’analyse et une pratique sociale. Si en 1960, un lieutenant recalé du CEP pouvait prétendre gérer un pays, au 21 ème siècle, un recalé du DEF renvoyé du Prytanée militaire et sac à dos sec qui n’a jamais pris de cours de philosophie, donc de dialectique n’a pas sa place dans la gestion d’un pays, fut –il capitaine. Capitaine du même système corrompu d’ATT. Ce n’est pas à coup de stages ponctuels, même au pays de l’oncle Sam, référence de la connaissance moderne que l’on peut accéder au niveau de conception. Hé oui, qu’on ne me taxe pas « d’élitiste » . Mais, par expérience, une telle personne cumulant des stages non diplômant reste toujours un routinier incapable d’appréhender les équations à inconnues multiples comme la gouvernance d’un pays aussi pauvre que le Mali dans un contexte de mondialisation où le jeu politique et économique est à symétrie variable. Que chacun fasse ce pour quoi il est fait et tout ira bien.

Un sac à dos de la poigne de Sanogo est juste fait pour commander des hommes de troupes dans des théâtres d’opérations où les stratégies sont élaborées ailleurs et non pas pour diriger un pays. Le manque de connaissance de soi et de ses limites a fait que Sanogo s’est trompé plus d’une fois dans la perpétration de ce coup d’État contre le régime corrompu et honni d’ATT. Une œuvre inachevée est le propre des médiocres. Non Sanogo à cette œuvre inachevée, un ½ coup d’État « REC » comme disent les Olofs. Le changement a horreur de l’à peu près. Il n’est réel que lorsqu’il est complet, total, que lorsqu’il est sans doute, que lorsqu’il est évident.

Nous disons oui à ce coup d’État , mais pas à un coup de farce, pardons coup de force sans idéologie aucune et qui a un goût d’inachevé. Alors, Abas l’amateurisme et oui au professionnalisme Si non comment peut- on imaginer qu’un coup de force dont l’objectif est le redressement de la démocratie et la restauration de l’État laisse l’ensemble des députés dehors alors qu’ils exerçaient sous ATT le contrôle de l’exercice démocratique ? Comment permettre à ATT, un Général fuyard qui à son image a créé et entretenu à coup de recrutements complaisants une armée de fuyards, de donner rendez- vous à l’ACI 2000 à des émissaires de la CEDEAO au centre de Bamako sans lui mettre le grappin? Même la fierté et la référence légendaires du Malien en l’œuvre de Bazoumana Sissoko ont été mises à de rudes épreuves dans ce semblant de coup d’Etat. Sanogo et sa troupe n’ont pas eu le courage de nous ressourcer aux œuvres de Bazoumana pour galvaniser les cœurs et rappeler aux maliens que la situation a changé. C’était le signe annonciateur du statuquo qui animait ces putschistes de la 25 ème heure. Si non comment laisser dehors les ministres du Gouvernement d’ATT, la clique de conseillers présidentiels jouisseurs en manque d’idées dehors ? Ces conseillers, une pléthore de retraités issus de l’Ecole Normale Secondaire (ancienne formule) dont le seul mérite est de savoir enseigner les notions élémentaires de géographie physique et humaine, d’histoires de guerres mondiales, de sciences d’observations et d’algèbre …..et dont les neurones sont aussi sénescents que ceux de leurs grand- mères. D’ailleurs, celles- ci sont encore plus productives car elles savent dorloter nos bébés et servir de ciment au tissu social. A l’opposé, certains de ses conseillers aux longes lunettes, pour la plupart, anciens recalés du lycée n’ont jamais vu au-delà de leur nez. ATT essayait de masquer ainsi qu’il était lui même recalé de cette école normale. Il donnait ainsi l’impression qu’il était un ancien diplômé de l’Ecole Normale Secondaire mais qu’il n’a jamais malheureusement pu achever. Comment pouvait – on avancer avec une république de retraités jamais retraités et qui peinent à regarder l’écran d’un ordinateur?

On peut renier tout au lapin sauf qu’il démarre bien la course et qu’il a de longues oreilles. Ne renions donc pas à ATT qu’il est un stratège dans le sens malin du terme car il a su domestiquer les plus grands intellectuels de ce pays par la ruse, les calculs politiciens, la division. C’était le PAVLOV de nos politiciens et officiers qu’il a dressés à sa guise comme dans le cas d’un reflexe appris. Que sais- je encore !

La suite du coup d’État fait sentir le manque de conviction et de l’amateurisme de Sanogo et de ses compagnons aussi limités que lui-même en termes d’analyses stratégiques et qui peinent à proposer aux maliens un projet de sociétés viables et une stratégie de reconquête du Nord Mali. Au lieu de cela, la trouvaille du Chef suprême autoproclamé de l’Armée a été de demander aux populations du Nord de résister aux rebelles et autres vendeurs de songes les mains nues. Si la trouvaille du Général président ATT était « le repli stratégique » définitif, celle du Capitaine Sanogo est de soustraire l’Armée de sa mission de défense nationale et de la confier aux Civils et surtout du Nord comme s’il consentait que cette partie était désormais en dehors de portée de l’Armée très républicaine prompte à tirer en l’air que de tirer sur des combattants armés. On en a pas fini d’aller à l’école de guerre de nos stratèges chefs militaires dont la propension est de nous enseigner « comment perdre et les batailles et la guerre » Où ont-ils mis la grandeur et la servitude militaires ? Qu’est ce que finalement Sanogo attend pour décréter l’état de siège au Mali, suspendre les écoles secondaires et les universités et appeler à la mobilisation générale comme il sied dans de telles circonstances ! Rappeler tous les réservistes : policiers, Forestiers, douaniers et anciens du SNJ pour assurer la garde des camps militaires et édifices stratégiques et renvoyer au Nord tous ces militaires et gendarmes dont la seule fierté est de porter fièrement la tenue militaire devant des civils désabusés. Si le Sénoufo de Ségou veut que l’on ait foi à sa profession de foi, qu’il aille au front. Autrement, l’histoire retiendra de lui, la perte de l’intégrité du Territoire National sous son éphémère et théâtral règne dont le seul but a été d’animer la galère et de distraire le peuple malien face à l’histoire au moment où le sursaut national est demandé à tous.

Sanogo- Bolly et ATT « name chosse » comme disait ma grand- mère et « Fou Gotto » comme disent les peuls.

Que peut une armée de généraux ayant dépassé l’âge d’aller à la retraite, ventres bedonnants, diabétiques et hyper- tendus pour la plupart peinant à marcher, avec les dos voûtés ? Il semble que c’est ATT qui a décidé de sursoir aux départs à la retraite de cette soldatesque comme si l’âge pouvait être bloqué d’un coup magique ! Beaucoup de ces retraités militaires maintenus en activités hier fiers d’être maintenus au sein de la muette mais bavarde ruminent aujourd’hui d’humiliation alors qu’ils auraient gardé un semblant de fierté s’ils étaient aller un peu plus tôt se reposer et laisser la place à la génération future.

Le recouvrement de notre intégrité territoriale est une affaire trop sérieuse pour être laissée à une telle armée non armée chantant au « repli stratégique » constamment définitif.

Sachons raison gardée comme le dit l’autre, le peuple doit forcer les autorités à la mobilisation générale au grand dam des spéculateurs politiciens et fins calculateurs mus par leurs intérêts égoïstes pour marcher le combat à la gloire en recouvrant notre territoire perdu. Cessons de marcher les têtes basses. Marchons les têtes hautes. Marchons à la gloire, gloire légendaire de nos ancêtres. Ne trahissons pas leur mémoire de vaillance, de gloire, d’honneur, de dignité, de fierté. Soyons unis car l’ennemi a découvert son front au-dedans, debout alors sur les remparts, résolus de mourir pour le Mali, uni et prospère.

Mamby Fofana,

Ingénieur des Eaux et Forêts

Citoyen malien

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