Point de vue d’un voyageur sur la situation malienne

L’origine du conflit actuel malien trouve ses germes au tracé des frontières, lors de la décolonisation où les touarègues avaient stipulé leur volonté de ne pas dépendre du pouvoir de Bamako. Il s’en est alors suivi plusieurs rébellions et conflits qui n’ont toujours pas réussi à résoudre ce problème historique. Bamako accusant les touarègues d’avoir été privilégié par rapport au reste du pays et de gaspillage de milliard tandis que les touarègues continuent de parler de spoliation de droits, de non respect d’identité et d’absence de volonté réelle de développement de leur Région.

La vérité est que le Mali, comme la France lors de la colonisation, n’a jamais été en mesure de contrôler ce peuple ainsi que l’immensité de ces frontières sahariennes. Pire encore, il apparaît que sur fond de trafic de drogue, de fonds internationaux de lutte antiterroriste et de libération d’otage, que le pouvoir d’ATT avait trouvé intérêt à ne pas contrôler ce territoire. Pour exemple, cet avion drogue, crashé à Tarkint en novembre 2009 ; et vidé de son contenu en un temps chrono, ce qui laisse fortement penser qu’il était attendu et que ce n’était pas le premier de son genre…

De plus, le printemps arabe a secoué la Libye et on a vu la France livrer fièrement des armes neuve à une opposition aujourd’hui fortement soupçonnée d’être en partie djhiadiste et qui a abouti à la fin du régime de Khadafi et au donc au renforcement de la force de frappe des fondamentalistes dans la sous-région. Aussi beaucoup de touarègue considérait Khadafi comme un guide, et lui était resté fidèle militairement, car berbère et partisan de la création d’un état dans le Sahara au moment des indépendances africaines. Certains d’entre-eux sont donc rentré au moment de la chute du régime accomplir ce rêve d’antan.

C’est dans ce contexte de fin de crise libyenne que le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) est entrée en guerre. Il se veut laïc et basé sur le droit des peuples à l’autodétermination. Cependant, ils semblent avoir sous estimé la puissance des salafistes et de sa milice principale au service d’AQMI, Ansar Dine, dirigé par Ag Ghaly, le chef de la dernière rébellion touarègue (96). Il apparaît de plus en plus clair, que même si leurs buts diffèrent fondamentalement, même si Ag Ghaly est considéré comme un traite à la cause touarègue pour le MNLA, que les uns n’ont pu composer sans les autres et que la libération complète du territoire revendiqué n’a pu s’opérer sans de quelconques accords. De plus il est très rare en Afrique que les petits prennent le dessus sur leurs pères…

Cette libération effective de l’Azawad est aussi du au flou qui s’est installé à Bamako lorsqu’un petit capitaine (Sanogo), paraissant intègre, a réussi son coup d’état et ainsi déstabilisé l’ensemble de la classe politique malienne qui mangeait dans les mêmes assiettes depuis un bout de temps. Cependant, il s’est retrouvé esseulé politiquement et sans plan apparent, mais plutôt appuyé du peuple malien lorsqu’il s’essayait à un nettoyage du pouvoir et recherchait aide et appui international pour recouvrir l’intégrité territoriale.

Mais il est apparu clair que la priorité de la CEDEAO était le retour à l’ordre constitutionnel (donc de la classe politique corrompue) et non la résolution de la crise du Nord, et Sanogo, en signant des accords cadres qui instaure Mr Diacounda Traoré ; l’ancien président de l’assemblée nationale de ATT comme président de la transition, initialement pour 40jours s’est compromis.

C’est à la fin de cette période, et suite à la décision de prolongation à un an du gouvernement de transition que le peuple se réveille pour clairement désapprouver. Il le prouve en manifestant massivement le 21/05. Cette marche pacifique arriva jusqu’à Koulouba où elle aurait obtenue la démission de Traoré pour le lendemain. Avant que certains s’essai à tort à le virer dans l’instant en le frappant littéralement. Honteuse fin de manifestation d’un peuple qui s’était mis debout l’espace d’une journée et qui semble désormais résigné à accepter la transition décidée par la CEDEAO avec un président déjà désavoué, probablement traumatisé et effrayé à l’idée revenir de son exil. Sanogo est lui évincé, contraint au silence, bénéficie du statu d’ancien chef d’état et apparaît comme un traite aux yeux maliens qui avait cru qu’il pouvait apporter un changement.

Personnellement il m’apparais que : -Le peuple malien est plutôt pour un recouvrement rapide et par la force de l’intégrité de son territoire et cela sans prise en compte de la distinction islamiste ou touarègue, bref il semble presque pro génocide. – Les autres minorités (Peuls, Songhaïs, Dogons, Bella) vivant dans le Nord Mali ne souhaitent pas la séparation avec Bamako. -Les touarègues semblent majoritaire uniquement sur la région de Kidal, dans les montagnes des Ifohas, et que par conséquent la revendication des 3 régions du Nord Mali semble disproportionnées. -La faiblesse de l’armée malienne ne lui permet pas recouvrir seule l’ensemble de son territoire. -Que les islamistes, souhaités par aucun des peuples du Mali, mais manifestement puissant et infiltré partout, à Bamako comme dans le commandement du MNLA, répondent d’AQMI, nébuleuse défendant la puissance et les intérêts de l’Algérie dans le sous région.

Concrètement, il n’est pas donc pas facile de deviner géo-stratégiquement qui tire quelle ficelles et dans quelles intentions, donc d’imaginer le futur de ce pays. Mais il est clair que cela ne se résoudra pas en quelques semaines !

Peut-on considérer comme piste le fait que, selon la société civile malienne, la France aurait donné son accord au MNLA ? Ou que la CEDEAO joue actuellement l’accalmie par l’intermédiaire de Ouattara et Campoaoré ; 2 présidents bel et bien lié à la France ? Et dans ce cas là, qu’AQMI protège les intérêts de l’Algérie en empêchant la création d’un nouvel état qui essaierait de contrôler réellement ses frontières et donc serait un intermédiaire supplémentaire dans le trafic, voir qui ouvrirait des puits pétroliers dont les nappes se partagent des 2 côtés des frontières ? Que le MNLA est toujours dit que l’Algérie serait le plus grand adversaire à la création de l’AZAWAD ?

Ce qui semble certains ; c’est qu’une fois encore cela se fera dans le dos et contre l’intérêt des peuples, probablement sous couvert de d’instrumentalisation ethnique et, ou religieuse. La démocratie n’en sortira pas grandit et les peuples en souffriront. Quand des éléphants se battent c’est l’herbe qui souffre !

Par contre, petit à petit les peuples des pays exploités sont de moins en moins dupes du jeu des puissances et des matières premières, et c’est l’unique point positif que je peux voir. Ils allument le feu, ils l’attisent et après ils viennent jouer au pompiers ! Aïe Aïe on a tout compris !!!

Mais jusqu’à quand jouerons-nous comme cela avec les peuples du monde ?

 

Un sous citoyen du monde