Mali : Le coup de poignard dans le dos. part.2

Pourquoi mars 1991 a été ?

Avec la révolution de 1991, il était évident que plus jamais « une seule personne, un seul groupe ou une seule entité ne peut plus s’accaparer du pouvoir, et le confisquer ». Dès lors, il était nette comme de l’eau limpide que « le nouveau Mali post- dictature » ne saurait mettre en œuvre les pratiques d’outre tombe qui ont caractérisées le régime militaro- civile du Général Moussa Traoré à savoir : la corruption, le népotisme, le verrouillage du jeu politiques du fait du parti unique constitutionnel. De même, que le pouvoir ne saurait être exercé par qui que ce soit sans mandat du peuple, que seul le peuple malien reste souverain pour le choix de ses dirigeants, que la somme de ce qui est convenu d’appeler « la démocratie, et le multipartisme » reste les élections libres, transparentes, que le seul combat qui reste peut être a mené, et pour le peuple malien, et pour les gouvernants reste la lutte implacable, et sans condition pour le bien être du peuple, contre les inégalités, et toutes les pratiques sombres qui ont caractérisé la dictature.

En effet, la récupération opportuniste, et réactionnaire des acquis démocratiques par l’élite « militaro- intello-civile » a été le point de départ pour « recycler, et repeindre les anciens dignitaires de la dictature, car les nouveaux maîtres du Mali en découverte du luxe, les palaces huppées avaient besoin d’expertise des anciens. Mieux la nouvelle élite de mèche avec l’ancienne classe orchestrait en permanence pour couper l’herbe sous le pied de l’élan populaire, et patriotique, et amorcer ainsi la logique du « coup d’État permanent »* contre le peuple malien, et ses représentants authentiques. Comme le dit l’autre « contrairement à la pensée populaire, l’histoire n’est pas écrite par les grands hommes » ; Résultat ; la nouvelle élite dénudée de toute éthique est devenue « la fausse-héroïne » de mars 1991. Elle a alors été idéalisée, et les médiats à la solde répercutent sa propagande jusqu’aux burlesques.

C’est pourquoi aujourd’hui, il n’est pas anodin de voir cette même élite se hisse en défenseur de la démocratie, et appeler d’une voix honteuse soit –elle à une intervention militaire contre le Mali. Nous ne sommes pas dupes, l’intervention de la CEDEAO est sollicité par l’élite enfin d’écraser « les patriotes », et non de libérer le nord- Mali.

Ainsi me semble t-il le Mali vit depuis lors au rythme du coup d’Etat permanent orchestré savamment par cette élite politico-militaire. De 1992 à 2012, l’élite militaro politique corrompue s’est accaparée de tous les biens publics : comptes bancaires, villas, vergers, voitures de luxe, châteaux: le luxe absolu en somme tout en mettant les droits sociaux et culturels de notre peuple dans le caniveau.

Frauduleusement élu (trahissant ainsi le principe des élections libres, et transparentes l’un des fondamentaux de la révolution de mars 1991) contre vingt trois candidats pléthoriques, le candidat indépendant ATT n’avait que deux objectifs majeurs:

  1. la réhabilitation des anciens dignitaires de la dictature déjà amorcé sous le régime du Président Alpha Oumar Konaré.
  2. renforcer le coup d’Etat permanent contre le peuple malien en vue de laisser la place à une autre élite plus parasite, plus soumise, et plus corrompue pour couvrir les sales besognes de l’élite précédente.

Ainsi, le régime d’ATT commence alors de diriger le pays par la plaisanterie, la moquerie pour brouiller les pistes. Candidat « indépendant sans formation politique », il entame savamment avec des partis et associations satellites la propagande ignoble contre « les partis politiques patriotiques » enfin de convaincre, et monter les maliens contre les hommes politiques. Ce stratagème a été encré dans l’esprit des maliens à tel point que ces derniers s’empennent le long de la journée aux partis politiques tout confondus permettant ainsi à ATT et ses acolytes de gouverner sans difficultés majeurs, et mettre tout le monde au pas, et dans le même panier.

Ainsi les maliens ne manqueront plus d’occasion pour dire « qu’ils sont tous pareils ». Profitant du grand boulevard que les maliens eux même lui ont ouvert de par leur analyse caricaturale « de la politique » pour ne pas abuser « de par leur je m’enfoutisme » (je sais que ce mot n’existe pas en français, mais peu importe le lecteur voit ce que je veux dire par là), ATT met à genou l’économie du pays qui dépend de l’aide multiple dit du développement. Il entame la mise à sac de ce qui reste de l’arsenal vieillissant de l’armée malienne qui croupisse lourdement sous les programmes d’ajustement structurel, et l’avis des experts militaires français et américains. Pour mieux endormir « la fougue » de l’aile « bureaucrate » de l’armée malienne, il nomme en moins de neuf ans plus de cinquante « Généraux » dépassant l’ensemble du record « des ses prédécesseurs réunis Modibo Keita, Moussa Traoré, et Alpha Oumar Konaré ».

Ainsi, l’armée politisée, les officiers « de champs, et des salons climatisés » deviennent « les stratèges, et concepteurs » de la lutte contre la rébellion touaregs avec laquelle beaucoup sont en relation « de business, et d’affaire de drogue, de contre bandes de tout genre ». Les officiers affairistes sont couverts, et royalement traités pendant que « les vrais officiers patriotes » croupissent sous l’alcool, le chambre indien, et la drogue » du fait de l’amertume, et de la déception. C’est pourquoi, le coup d’État à « la ferme des animaux » a été exécuté par les officiers marginaux le 22 mars 2012.

Le projet de reforme constitutionnelle en 2012

S’il y a un homme qui a orchestré un complot contre le Mali, c’est bien ATT lui même. En effet, après ses injonctions, ses tentatives désespérées pour obtenir un troisième mandat, ATT le génie obscure n’avait pas dit son dernier mot. Il trouve je ne sais ou avec ses acolytes la formule magique: l’harmonisation des mandats, car il était clair, et nette qu’une reforme constitutionnelle engageait le Mali directement dans la quatrième république, et de facto une transition qui ne dit pas son nom dont tout portait à croire qu’ATT serait bel, et bien le Président. Ainsi ATT aurait bénéficié de deux ans « de bonus présidentiel », car on aurait prolongé le mandat de l’assemblée nationale, et du Président de la république jusqu’en 2014 enfin de les harmoniser avec le mandat des élus municipaux.

En effet, le peuple malien resté jusqu’ici spectateur impuissant devant le rouleau compresseur de « l’att-cratie », et les trahisons multiples de certains leaders des grandes formations politiques qui n’ont jamais consulté leurs militants, ne pouvait avaler une telle potion magique pour davantage l’halluciner. C’est pour toutes ces raisons que les organisations démocratiques de tous les bords se sont réunies au sein du Collectif Touche pas à ma Constitution pour lui barrer la route.
Tahirou Bah

*le titre de ses livres en disent longs

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