Le coup de poignard dans le dos. part.3

Les rébellions touaregs ou la boite de pandore

Jusqu’ici tout était réussi pour ATT, mais cette reforme constitutionnelle ne pouvait en aucune façon passée. Incompris et bloqué par le peuple malien dans son entreprise obscure de tripoter la constitution, que reste-il pour lui (ATT) si ce n’est d’ouvrir la boite de pandore; la rébellion touaregs; la plus grande plaie de notre pays depuis 1960.

En effet, lorsque la crise libyenne a commencé en février 2012, c’est ATT en personne qui a encouragé explicitement les jeunes touaregs à rejoindre les milices de Kadhafi avec lequel il avait fait du Mali un protectorat libyen. Également, il y a des fortes chances qu’ATT avait des accointances avec certains islamistes, car le leader actuel du groupe terroriste d’Ansar Dine qui s’est emparé de Kidal, et de Tombouctou Iyad Ag Aly n’était autre que le consul du Mali en Arabie Saoudite nommé par ATT lui-même en guise de reconnaissance. Nous savons qu’Iyad Ag Aly a été expulsé d’Arabie Saoudite pour trafique de drogue, et de connexion avec les réseaux islamistes.

Après la chute de Kadhafi, des centaines de jeunes touaregs rentrèrent au Mali avec armes, et bagages. ATT les accueille en grande pompe, leur donne de l’argent sans pour autant les désarmer. Ainsi ATT cherche à créer un petit chaos au nord du Mali croyant le cadrer, et le contenir enfin d’empêcher la tenue des élections, car selon certaines sources ATT aurait déposé des sommes faramineuses en Lybie, et l’on comprend alors toute sa perte, et son amertume « qui n’est caché à personne excepté ceux qui ne veulent rien voir, et qui sont pires que des aveugles » du fait de la chute de Kadhafi. C’est pourquoi, ATT le jour de la mort de Kadhafi aurait passé dit-on toute la journée les larmes aux yeux faisant comme s’il pleurait la « mort d’un grand parmi les grands hommes qui ont marqué l’histoire de l’Afrique » alors qu’il ne pleurait que sur son propre avenir !

Autre facteur, et selon des sources sûrs, les forces armés du MNLA, et certains islamistes armés ont traversé le long des frontières limitrophes du Mali (le Niger, et l’Algérie) sans y être inquiétés par les autorités de ces pays voisins du Mali. Ainsi me semble- t- il, il y a des fortes chances que les services secrets français, et même la CIA étaient au courant de ses mouvements militaires des forces rebelles, mais ont laissé faire pour la France sarkozienne d’abord « il s’agissait de faire tout pour ne pas fâcher les terroristes islamistes et leur alliés de circonstance le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) enfin de sauver des vies françaises », et pour les Etats- unis ceux- ci étaient occupés, et préoccupés par la « gestion politique et économique » de la Lybie post- Kadhafi.

ATT aussi con soit-t- il, et aveuglé par ses propres desseins ; même s’il affirmait le contraire en publique travaillait à pied d’œuvre en cachette pour rester au moins deux ans de plus au pouvoir, n’a pas vu « le danger qui guettait son pays ». Pris dans son propre « jeu machiavélique », l’effet contraire s’est produit, car le MNLA plus politique, et plus structuré que toutes les rebellions précédentes a vite pris le pas, et une dimension de taille. Enfin de montrer l’image d’un vrai Général ; ATT se targuait d’être un fin connaisseur de guerre, il n’arrêtait point de donner des leçons affirmant qu’il a fait la guerre, et qu’il sait de quoi s’agit- elle. Il se targuait également d’être un ancien émissaire des nations unis pour la paix en Centrafrique. Ainsi, le Sen-Tsu malien envoya ainsi au front du Nord- Mali des jeunes recrus (promotion 2010 selon les sources) de l’armée malienne sans formation digne de ce nom, non aguerris au combat, inexpérimentés, et peu habitués aux conditions dures du désert du Sahara. C’est ainsi, et d’une manière explicite, et en connaissance de cause que le Général ATT envoya à la boucherie les jeunes soldats. Tombés en embuscade entre les mains des rebelles touaregs, et les terroristes, ils ont été ligotés, égorgés, et éventrés en guise de représailles.

L’image des soldats humiliés nous viennent alors du front par le biais des réseaux sociaux, et des téléphonies mobiles. ATT cherche à étouffer l’affaire, et noyer le poisson dans l’eau. Il raconte des âneries à la télévision nationale du Mali. Il va jusqu’à menacer les populations « à demi- mot- couvert de ne pas réagir  contre les touaregs restés fidèles au Mali, et enfin d’éviter selon lui l’amalgame, et la confusion ».

Les maliens appauvris à cause des politiques d’accaparement des biens du pays, des privatisations, licenciements, chômage, le clientélisme, la corruption, et la liquidation de l’école, et de la sante publique la mort dans l’âme sentaient alors atteints directement dans leur dernier périmètre carré de dignité nationale après l’intervention télévisée d’ATT qui n’a convaincu personne sauf lui-même, et sa femme.

Dans de telle circonstance aiguë, les maliens attendaient de l’action et de la réaction, mais au lieu de cela, le discours dorlotant prend place, au  lieu de l’action et réaction. Le lendemain de ce show télévisé manqué, des milliers de femmes, mères, sœurs et enfants des soldats du camp de Kati (d’où est parti le coup d’État du 22 mars 2012) victimes des politiques machiavéliques, ainsi que les probables accointances de leur propre Président avec les rebelles touaregs, et les terroristes ; soutenus par les populations de Bamako marchent sur le palais présidentiel de Koulouba. ATT une fois de plus minimise la portée de l’événement, et le qualifie du « mouvement d’humeur ».

Il organise encore un show télévisé a la hollywoodienne avec les femmes pour enfin s’expliquer oubliant que « qui s’explique s’accuse dans de tel moment ou les esprits se chauffent et bouillissent ». Une foi de plus, l’effet contraire se produit, car ce show télévisé s’est transformé en un procès public d’ATT lui-même suivi en direct par des millions de maliens.

Les femmes des soldats sans appel accusent ATT de tous les maux :

  • ATT, on raconte que vous êtes le vrai chef des rebelles ?
  • ATT, on rapporte que vous informez les rebelles sur les positions, et mouvements de nos troupes ?
  • ATT, on dit que nos maris soldats ne mangent pas en leur faim ?
  • ATT, on entend que les munitions manquent au front, car vous refusez de les livrer aux soldats ?
  • ATT, on affirme que vous refusez de donner les ordres pour attaquer, et de tirer ?

Entre autres accusations qu’ATT subissait en direct à la télévision nationale du Mali. Ainsi donc, il était clair, et nette pour tout observateur que le pouvoir qu’ATT a infantilisé, et banalisé tout au long de son règne était enfin par terre, et récupérable sans peine par le premier qui osera, et c’est ce que le CNRDRE (Comité national de redressement de la démocratie et de la restauration de l’État) a accompli le 22 mars 2012 chassant du pouvoir ce lui qui se croyait hors de portée, et intouchable.

Tahirou Bah

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