Le coup de poignard dans le dos. part.4

Les conséquences attendues du coup de force du 22 mars 2012 :

Avec la chute d’ATT, en espace d’une semaine toutes les régions du nord Mali sont tombées entre les mains des islamistes terroristes. Cela a été accompli par le MNLA dans le wagon des terroristes sans combat, ni résistance de la part de l’armée malienne qui était totalement désintégrer, et dont la chaîne de commandement corrompu a été décapité par les putschistes. Ainsi le Mali privé du deux tiers de son territoire national, la saga peut alors commencer pour les islamistes qui ont renvoyé les régions du nord dans le court- âge !

En effet, avant de rentrer dans les détails de cette analyse mesquine, mais pertinente pour l’histoire, et pour les générations futures, il me semble nécessaire de mentionner « le rôle néfaste » que le MNLA a joué lors de la prise des villes du nord alors que ce dernier se voulait un mouvement de libération !

Lors que Gao est tombé entre les mains du MNLA ce dernier dans une soif de vengeance contre l’élite politico- militaire a pillé les administrations obsolètes héritées de l’État malien. Les hôpitaux, et les médicaments maigres ont été volés. Le MNLA comme un ouragan a marché sur les maigres acquis que l’État malien a construits depuis 1960. Les jeunes touaregs hautins, et aigris n’ont pas hésité à violer les femmes, et dépouiller les commerces.

C’est pourquoi, les populations du nord- Mali n’ont pas hésité quand l’heure de la vérité a sonné entre le MNLA, et les islamistes à joindre les milices du MUJAO (Mouvement pour l’unicité du jihad en Afrique de l’ouest), et ANSAR DINE (mot en arabe, il signifie les défenseur de l’islam) pour en découdre avec « les prétendus libérateurs, et indépendantistes du MNLA » lors que ce dernier n’en revenait plus à supporter la présence des groupes combattants islamiques qui ont pris une taille considérable dans les régions occupées, car pour le MNLA, les islamistes le gênait, et l’empêchait de savourer sa victoire militaire sur l’armée malienne en débandade totale après le chute d’ATT.

Ainsi le MNLA comme un chien perdu a été chassé du nord- Mali en une seule journée avec l’aide des jeunes qui ont pris les armes de fortune (bâtons, haches, marteaux, gourdins, fouets…) préférant ainsi le joug islamique que d’accepter un mouvement dit de libération dont l’arme est le vol, le viol, et le racisme.

En effet, rentrer dans certains détails qui dépassent le cas malien en termes d’analyse de la question du terrorisme islamique international me détromperai largement de l’objectif de cette « analyse sur la crise malienne », et relève d’un ouvrage ou plusieurs ouvrages. Je pense qu’il y a des milliers d’ouvrage spécifiques qui abordent ce sujet combien complexe. Je sais également que la connexion entre différents réseaux jihadistes est une évidence en somme, et en ce sens ceux qui sévissent aujourd’hui dans le nord Mali sont connectés, et liés à certains pays du golf, et aux réseaux nébuleux qui frappent aveuglement les innocents de partout dans le monde.

Les facteurs exogènes de la crise malienne :

La crise actuelle du Mali a des facteurs exogènes dont le grand rôle peut être attribué aux Etats-Unis, et la France. Les Etats-Unis d’abord : pour renforcer leur hégémonie mondiale, les Etats-Unis voulaient installer une base militaire au nord du Mali non seulement pour mener leur prétendue lutte contre le terrorisme, mais aussi renforcer leur présence militaire dans cette zone géostratégique de haut niveau selon les spécialistes. Mais grâce à la pression des mouvements sociaux et certains partis politiques, ATT n’a pas pu satisfaire cette demande étatsunienne. Mais il était clair qu’ATT a toujours travaillé activement pour la réussite d’une telle entreprise, et s’ajoute à cela la France voyait d’un mauvais œil que son « périmètre carré » soit envahit militairement par les Etats-Unis. Pour punir le Mali, les américains n’ont jamais pardonné une telle faiblesse d’ATT. C’est pourquoi, et au delà des annonces d’effet, des condamnations de principe, les Etats-Unis ont laissé faire AQMI, et n’ont jamais voulu aider le Mali activement, et effectivement à lutter contre les rebelles touaregs, et les terroristes islamistes. Enfin, la France sarkozienne, et droitière : suite au refus malien de signer « les accords de réadmission » ; une fois de plus grâce à la vigilance citoyenne, et politique des maliens et leur soutiens internationaux, la France avait commencé de bouder le Mali depuis 2006.

 

La question des otages français détenus par AQMI :

Neuffrançais sont détenus par AQMI dans le désert malien. On peut lire entre les lignes, et sans difficulté majeure les déclarations successives des dirigeants français (excepté le changement de discours intervenu avec l’arrivée d’Hollande à la tête de la France) que ceux-ci se soucient de la vie de leurs compatriotes que de la vie de plus de quatorze millions de maliens, et la stabilité d’un pays pauvre.

Ainsi, la France a toujours fermement empêché ATT de livrer réellement la guerre contre les rebelles touaregs, et les terroristes d’AQMI enfin de préserver la vie de ses otages, car AQMI dans le passé n’a pas hésité à exécuter un otage français suite à l’opération manquée de l’armée française pour le sauver.

En résumé ; entre les désirs expansionnistes américaines, le périmètre carre français, la vie des otages français, la présence islamiste, les groupes armes rebelles, les propres ambitions politiques d’ATT, une armée malienne morcelée sur avis des experts militaires français, et américains, une population abandonnée à elle-même, que pouvait-il rester du Mali si ce n’est la crise que nous connaissons aujourd’hui, et le démembrement ?

La CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) :

J’ai indiqué un peu plus haut que je reviendrai plus largement sur le rôle que la CEDEAO a joué dans cette crise malienne. En effet, la CEDEAO est un syndicat des Chefs d’Etats illégitimes qui agissent, et décident au nom des peuples de l’Afrique de l’ouest. En sanctionnant (économiques, politiques, diplomatiques) le Mali suite au Coup d’État du 22 mars 2012, la CEDEAO n’a fait que de jeter de l’huile sur le feu, et de donner le coup de poignard dans le dos à un peuple meurtri. Cette position de la CEDEAO nous montre sans appel qu’elle agisse sous les injonctions de la France, et les Etats-Unis, ce qui nous amène à se poser tas de questions.

Depuis quand cette organisation se soucie de la démocratie, et de l’État de droit ?

Quand se soucie- elle de l’intégrité territoriale du Mali ou de l’un de ses membres ?

Ou était-elle quand ATT entreprenait la reforme constitutionnelle enfin de se maintenir au pouvoir ?

Où était-elle quand les jeunes soldats ont été égorgés, et éventrés par les groupes terroristes ?

Comme si le calvaire que vit le peuple malien ne suffit pas, comme si l’humiliation que subit le Mali ne suffit pas, la CEDEAO bénie par les puissances impérialistes condamne ainsi tout un peuple à la mort à petit feu. Ainsi, la CEDEAO de par les sanctions a déclaré la guerre au peuple malien, et lui a donné le coup de poignard dans le dos.

En une semaine de sanction, les hôpitaux à Bamako ne sont plus alimentés en électricité; conséquences : des centaines de morts par jour faute de soins, les PME ne fonctionnent plus, les prix des denrées de premières nécessités ont explosé, le carburant, les médicamentes de base manquent, les banques n’ont plus de crédit, l’administration tourne au ralentit, le commerce bloqué, les mines sont serrées, les ventres creux, l’amertume se lit sur tous les visages (au grand bonheur du FDR, le front dit anti- coup d’Etat, et l’élite), que vous dire de l’intérieur du pays, dans nos campagnes, nos villages, nos hameaux, nos cercles ou vivent la grande majorité silencieuse dépassée, sonnée et assommée. Ainsi toutes les conditions sont réunies pour envoyer le Mali dans une guerre fratricide de cent ans.

Maliennes et maliens, l’heure est très grave, notre génie est défié, notre dignité bafouée, notre honneur souillé. L’heure est venue de parler d’une seule voix, de dépasser les égaux, les clivages, les fractions, les appartenances pour un sursaut national, et pour un peuple, un but, une foi.

En effet, les petits esprits pensent que « le dieu des crépuscules » a frappé le pays : Mali. Certes les temps sont difficiles. Notre armée est en difficulté, notre économie est en lambeau, nos concitoyens font comme ils peuvent, mais nous nous révélerons, nous nous battrons, et nous sommes confiants en la victoire, la victoire du bien sur le mal, la victoire de Dieu sur le Satan.

Ne nous trompons pas d’adversaire, car le problème du nord- Mali est un problème politique. Sans être de ceux qui pensent que « le malheur c’est les autres », je suis intiment convaincu que le malheur du Mali se trouve en trois niveau :

  • 1l’élite politico- militaire (avec l’aristocratie Songhoî- touareg) corrompue qui a gouverné le pays depuis l’avènement du pseudo- crypto démocratie en 91 ;
  • 2 les puissances impérialistes (la France en sa tête) qu’a tout fait pour que le Mali ne livre la guerre contre les « forces obscures » qui occupent le nord Mali aujourd’hui préférant ainsi sacrifier la vie de plus quatorze millions de maliens au profit de neuf vies françaises ; des prétendus otages qui ne sont que des espions de la cinquième colonnes.
  • en fin la Libye de Kadhafi qui voulais re- coloniser l’Afrique subsaharienne après son dérapage au moyen orient, et après que les pays arabes lui ont tourné le dos à cause de ses irritations, le laissant à la merci de l’embargo impérialiste pendant des longues années avant que ce dernier ne le liquide physiquement au nom de la prétendue liberté.

Maliens personne ne peut, et ne va mourir pour nous. Ni la CEDEAO, ni les Nations- désunies… ! Il appartient au peuple malien de livrer une guerre sans merci, et sans pitié contre « toutes les forces rétrogrades de l’intérieur, et les terroristes ». Les petits esprits pensent que la CEDEAO peut mener cette lutte en lieu, et en place du peuple malien. Non et mille fois non, car le Mali semble aujourd’hui à « un malade qui est prêt à avaler n’importe quel médicament pour se soigner » oubliant que certains médicaments sont faits pour achever le malade lui même. Il faut que toutes les énergies patriotiques se conjuguent de l’intérieur, et de l’extérieur pour enfin mener la lutte de libération, et cela passe par une « conférence nationale souveraine » qui permettra de poser le débat, de donner la parole, et la décision au peuple souverain pour le choix de sa politique, et de ses dirigeants. Certains diront que vu « la crise, et l’urgence de la situation, on peut se passer d’une telle initiative », c’est oublier que c’est exactement vu l’urgence, et la crise que nous devons aller vers une conférence nationale souveraine, car il ne faut jamais confondre rapidité, et précipitation. De même, certaines puissances impérialistes parlent d’élection comme solution de sortie de crise, et pourquoi pas « le peuple ne parle pas de conférence nationale enfin de se passer de la machine lourde, et bureaucrate des élections dont le résultat est connu d’avance?»

La première partie de cette « réflexion sur la crise malienne publiée au lendemain du coup d’État » me conduit aujourd’hui à ajouter cette dernière partie. En effet mon cher lecteur, je disais en son temps que compte tenu de la gravite de la situation (juste après le coup d’État, et l’occupation vertigineuse des régions du nord- Mali), je n’avais ni le temps, ni la tête de publier cette réflexion, car j’écrivais par tâtonnement, et en fonction de ma disponibilité. Des centaines de mails m’ont été adressé (inondant ma boite émail) de partout dans le monde me demandant notre point de vue sur cette crise que connais notre pays.

Je n’ai pas voulu réagir à chaud pour éviter d’exprimer hâtivement un point de vue dont la somme serait faite sous l’émotion, le sentiment blessé d’un patriote, ou encore moins sous la pression. Également il y avait des pièces manquantes de cette crise qui n’est qu’a son début. Ainsi toute analyse précipitée ne pouvait que produire l’effet contraire, c’est pour toutes ces raisons que je suis reste égal à moi-même et surtout en ce moment cruel de l’histoire de notre pays. Ainsi, on peut au jour d’aujourd’hui se prononcer avec objectivité sur cette crise malienne d’où la présente modeste réflexion que les uns, et les autres sont en droit de le critiquer ou de le soutenir. En effet, suite à l’accord- cadre signé entre le CNRDRE, et la Cedeao le 06 avril 2012, cette dernière a levé ses sanctions criminelles contre le peuple malien, mais le mal est déjà fait. La révolution du 22 mars 2012 a révélé au grand jour les crimes politiques, et économiques de la rapace politico militaire du Mali qu’a dirigé le pays depuis vingt ans bientôt. Il est clair que le 22 mars 2012 sonnera le début d’une nouvelle ère pour le Mali, et que le peuple ne sera plus spectateur de son propre destin. Il se battra pour porter au pouvoir ses représentants légitimes, et authentiques. Les années à venir verront l’émergence d’une nouvelle classe politique de femmes et d’hommes soucieux des intérêts de notre peuple. Avec l’occupation du nord par le MNLA, les terroristes, les populations maliennes du nord feront ils confiance aux politicards du sud qui n’ont jamais étudié objectivement la question touaregs. Cette situation du nord laissera sans doute des séquelles inouïes, et les populations maliennes du nord constateront qu’elles ne peuvent compter que sur elles- même, car l’échec des politiciens qui ont vendu le pays est patent.

En ce sens, il faut le sens suprême de la responsabilité, et un pouvoir fort pour que tous les maliens soient traités au même pied d’égalité. Selon les témoignages de certains de nos amis de Gao, les administrations ont été pillées, les commerces, les banques éventrées, les femmes violés par les rebelles touaregs, s’ajoute à cela les amputations, les lapidations, les flagellations, les mariages forcés tout ça au nom de l’islam.

Sur le plan international :

De même cette crise vient de montrer que le Mali n’a pas d’amis, et que ni les Etats-Unis, la France encore moins la Russie, et la Chine ne lèveront effectivement le petit doigt pour sauver le Mali. Le Mali vient également de comprendre que le prétendu rôle (pays exemple en matière de démocratie) n’était que de lueur. Il se réveille brusquement dans la réalité amère, et cruelle pour affronter seul son destin.

Sur le plan sous régional :

La CEDEAO sous les injonctions de la France, et les Etats-Unis, veut envoyer des troupes au sol pour recouvrir l’intégrité territoriale du Mali. Mais l’histoire nous enseigne, et nous l’avons mille fois dit que « les forces étrangères se transformeront tôt ou tard en une force d’occupation ». En effet, il serait naïf de croire que les forces de la CEDEAO viendront mourir pour nous. De même le Président ivoirien Alassane Ouattara même s’il affirme le contraire, veut recaser ses anciennes milices en chômage au Mali. Le Mali doit rester vigilant sur ce point, et doit dire non aux forces de la CEDEAO. Si un rôle quelconque doit être attribué à la CEDEAO dans la crise malienne, cela ne peut être fait que sous un angle politique enfin d’aider le Mali à sortir de la crise. Ainsi me semble t-il, il appartient au Mali de reconquérir le nord politiquement ou militairement.

Ainsi et au delà de tout ce que nous venons de mentionner, la solution aux problèmes maliens doit venir de l’intérieur, et non de l’extérieur. Il faut à tout prix malgré l’urgence de la situation, et les difficultés dans lesquelles le Mali se trouve aujourd’hui, des solutions maliennes aux problèmes maliens sans quoi l’effet contraire se produira.

Toute solution extérieure n’aura d’effet que dans le court terme, mais le mal subsistera pour des longues années, et resurgiras tôt ou tard. Il appartient à l’ensemble des maliens de discuter, d’échanger sans tabou pour que « plus jamais de telle situation ne se produise plus dans notre pays, et dans l’Afrique tout entière ».

 

 

Tahirou Bah

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