Mali : Le coup de poignard dans le dos. part.1

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Le 22 mars 2012 a eu lieu « le coup de force » contre le régime d’Amadou Toumani Touré mettant ainsi fin au processus des années de confiscation du jeu démocratique, et au dysfonctionnement de l’État- malien, et de ses institutions pourtant nées d’une haute lutte que le peuple malien, et ses organisations démocratiques ont mené contre la dictature, et l’oppression du régime du Général Moussa Traoré vingt trois ans de 1968-1991. Ainsi, le coup de force du 22 mars 2012 a révélé au grand jour « les trahisons multiples » de l’élite corrompue du sud- Mali avec « l’aristocratie touarego- songhoï » qui a vendu le pays, qui a été de mèche avec le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad), qui a encouragé la naissance du terrorisme islamique dans le nord Mali, et qui a été « l’éclaireur de taille » pour les narco- trafiquants dans la bande sahalo- sahélienne.

En effet, pour éradiquer « l’action salvatrice du 22 mars 2012 » contre ses trahisons, l’élite à la base de tous les maux du pays, s’est érigée « démagogie oblige » en garante de la démocratie qu’elle-même a muselée, et confisquée. Elle a créée au lendemain du coup d’État du 22 mars 2012 le FDR (Front pour la sauvegarde de la démocratie, et de la république) comme en fait le régime de Vichy pour assurer « la survie de l’État français » pourtant écrasé par la barbarie, et de la tyrannie nazi, et surtout du fait de la trahison, et de la collaboration que De Gaulle a dénoncé dès le 18 juin 1940 refusant ainsi toute forme de collaboration non seulement avec les vichystes, mais aussi avec l’ennemi nazi, enfin de sauver la France de l’abîme.

De même les patriotes de la COPAM (Coordination des organisations patriotiques du Mali) doivent refuser toute forme de collaboration avec « l’ennemie de l’intérieur le FDR, et ses alliés de la CEDEAO, ainsi que leurs parrains internationaux, car tout porte à croire que c’est eux qui ont trahi le Mali, et leur ont donné le coup de poignard dans le dos pendant des années. Au lendemain du 22 mars 2012, l’élite a fait appel à la CEDEAO non pas pour sauver le Mali, mais de faire intervenir cette dernière contre le Mali, et pour lui a assuré son système corrompu contre lequel l’aile patriotique, et républicaine de l’armée s’est érigé comme un seul homme pour la renverser.

C’est pour toutes ces raisons que les patriotes maliens, doivent refuser, et dénoncer l’intervention militaire de la CEDEAO, et leur collabo locaux, car l’histoire nous enseigne que « tôt ou tard, les forces étrangères se transformeront en force d’occupation », mieux les actuels tenants, et décideurs politiques de la CEDEAO sont loin d’être « les sauveurs du Mali du joug du terrorisme islamique, et ces plaisantins indépendantistes du MNLA ». (Nous allons y revenir largement sur l’implication de la CEDEAO dans le conflit malien, et quel doit être son rôle).

En effet, malgré les divergences des points de vue sur ce qui s’est passé le jour du 22 mars 2012, on est en droit de se poser la question si nous voulons être objectif dans les analyses sur « les origines de ce coup d’État brusque, et ses conséquences qu’a connu le Mali, alors que ce dernier était cité à tord raison, et du fait de la propagande Att-eiste « comme havre de paix, et exemple de démocratie en Afrique subsaharienne ».

Ainsi, nombreux ceux qui ont été surpris, et n’ont pas compris le sens, et l’objectivité du coup d’État du 22 mars 2012 contre un régime en fin de mandat. En effet, vu de l’extérieur, le Mali était un pays démocratique, stable, mais de l’intérieur, il n’était qu’un volcan dormant. Rares ceux qui ont su comprendre que le Mali du fait de la gestion chaotique de Mr ATT allait droit au mur, et que pour le peuple malien qui doit survivre à ATT, attendre deux mois de plus (ATT devrait passer le témoin selon l’article 35 de la constitution au nouveau Président élu le 08 juin 2012) serait synonyme de deux mois de trop, et même de trop- trop, car trop, c’est trop. En effet, sans se souscrire aveuglement à n’importe quel coup d’État militaire, je suis personnellement opposé à toute prise du pouvoir par la force, et surtout de la part de l’armée, car à mon sens aucun militaire n’a été à l’avant-garde de la lutte contre le colonialisme. Ainsi pendant que les populations, et les intellectuels pan-africanistes, et progressistes luttaient contre la domination coloniale, et pour l’indépendance, les militaires indigènes (ou du moins les enroulés de force dans l’armée coloniale) de l’armée coloniale pourtant brimés, et humiliés combattaient partout dans le monde pour l’hégémonie coloniale en Indochine, au Vietnam, en Algérie, en Guinée Bissau… De même c’est les peuples d’Afrique subsaharienne et les organisations démocratiques qui se sont levés au début des années 90 pour mettre fin aux régimes dictatoriaux, et pour l’instauration du multipartisme, et de la démocratie.

Ainsi, il n’est pas anodin de voir « ces enfants adoptifs de l’armée coloniale française » perpétrés des coups d’État partout en Afrique là ou sont remises en cause les intérêts de l’ancienne puissance coloniale. Partant de ce principe légitime, et historique, je n’ai jamais approuvé qu’un sac à dos vienne de nulle part pour s’accapare du pouvoir avec force. Ainsi, nous savons faire la part des choses, car on ne peut pas mettre « tous les coups d’État dans le même panier », car il y a une grande différence entre l’arrivée de Thomas Sankara au pouvoir, et celle de Blaise Compaoré. C’est pourquoi, me semble t-il le putsch du 22 mars 2012 n’était pas dirigé « contre la démocratie, mais contre celui qui a confisqué la démocratie dix ans durant enfin de servir ses propres desseins sombres au détriment de la démocratie elle-même ».

En effet, pour comprendre « les causes » du coup d’Etat du 22 mars 2012, il serait impératif de parler de l’héritage, et de la somme même de la révolution trahie de 1991 qu’ATT lui-même (le Pétain malien héro d’hier, maudit par son peuple, et par l’histoire) a joué un rôle majeur. En effet, la grande révolution de mars 1991appartient au seul peuple malien. Il est son patrimoine propre, l’expression de ses luttes pour la démocratie. Chaque malien dans ses actes, ses pensées, ses sentiments, et même dans ses oppositions, a apporté quelque chose à sa dynamique. Il (l’héritage démocratique) appartient donc à tous, et nul n’a le droit de le confisquer, de le ramener à lui tout seul ou de le rejeter dans l’oubliette.

Certes comme tout bouleversement historique, l’avènement de la démocratie au Mali en 1991, a eu ses précurseurs, ses agitateurs, et son avant garde, mais cela n’exclue en aucune manière la paternité du seul acteur véritable : le peuple malien. Mars 1991, ne peut être revendiqué par qui que ce soit contre qui que ce soit. Il explique le présent, et doit le réconcilier avec le futur, car un peuple n’est grand qu’en assumant sa responsabilité quelle que soit l’opinion qu’on puisse en avoir.

L’histoire de l’avènement de mars 1991, est un enseignement. Elle nous montre le destin du peuple malien dans sa volonté d’émancipation vers le progrès, sa lutte courageuse, ses succès, ses échecs, et les contradictions de toutes natures politiques, sociales ainsi que les limites imposées par la réalité. L’instauration de la démocratie au Mali en 1991 doit nous inciter à méditer, à tirer des leçons autant que cela sera possible pour avancer plus forts et plus loin.

En effet, suite à la longue lutte que le peuple malien a mené contre la dictature depuis 1968, le peuple s’est imposé en mars 1991 mettant ainsi fin à 23 ans de crimes de sang et du crime économique du Général Moussa Traore. Le coup d’Etat contre le régime de Moussa Traoré (encore faut-il rappeler que seul le peuple malien, et ses organisations authentiques, et démocratiques ont payé une lourde tribu faisant des centaines de morts dont la grande majorité était des élèves, des étudiants, des femmes, et des enfants) a été une réaction salutaire, et républicaine non seulement pour arrêter « la folie meurtrière » du régime du Général Moussa Traoré qui tue de sans froid son peuple, mais aussi instaurer la démocratie, et le multipartisme au Mali. De même, le renversement d’ATT en 2012 a été une action de sauvetage collective que le CNRDRE (Comité national pour la restauration de la démocratie, et le redressement de l’État) a accompli. Le coup de force du 22 mars 2012 a été le choix du mal sur le pire pour un peuple qui doit survivre à ATT, car il était évident que ce monsieur en fin de règne avait perdu tout sens de bon sens, et conduisait le pays dans une catastrophe inconnue.

Tahirou Bah

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